Ferrari 348 (TB/TS), première série 1989-1993, vue de trois-quarts avant
Ferrari 348 première série (TB/TS), 1989–1993.

Présentée à Francfort en 1989 pour remplacer la 328, la Ferrari 348 marque une rupture : premier V8 Ferrari sans châssis tubulaire complet, dessin Pininfarina ouvertement inspiré de la Testarossa, moteur monté longitudinalement associé à une boîte transversale (le « T » du nom). C'est aussi la dernière Ferrari V8 développée sous la supervision directe d'Enzo Ferrari, disparu en 1988, avant sa mise en production posthume.

Disponible en TB (toit fixe, berlinetta) ou TS (toit targa amovible), cette première série a connu une carrière commerciale honorable : 2 894 TB et 4 228 TS vendues jusqu'en 1993, avant de céder la place aux GTB/GTS revues en profondeur.

Mon avis sur le design

La Ferrari 348 TB incarne parfaitement le style Ferrari de la fin des années 1980. Avec ses stries latérales inspirées de la Testarossa, ses phares escamotables et sa silhouette basse aux lignes tendues, elle possède une personnalité immédiatement reconnaissable.

Longtemps éclipsée par la F355 qui lui a succédé, la 348 séduit aujourd'hui par son caractère authentique et son design typiquement analogique. Véritable voiture de transition dans l'histoire de Ferrari, elle marque la rencontre entre l'exubérance des années 1980 et l'élégance plus fluide des années 1990.

L'erreur la plus fréquente chez les acheteurs

Face à une 348 première série, l'attention se porte souvent sur le kilométrage, la couleur ou la cote du marché. Ces critères comptent. Mais sur ce modèle en particulier, l'exemplaire compte encore plus que d'habitude : la 348 a une réputation de jeunesse difficile, et deux exemplaires du même millésime peuvent avoir vécu des histoires très différentes selon qu'ils ont bénéficié ou non des mises à jour constructeur.

Le modèle raconte une histoire. L'exemplaire raconte s'il faut y croire.

Les points de vigilance avant achat

Le tendeur de chaîne de distribution

Les tout premiers moteurs (1989-1990) souffraient d'une usure prématurée du tendeur de chaîne de distribution, corrigée depuis par une mise à jour Ferrari. À vérifier avant toute acquisition : la présence de cette mise à jour dans le carnet d'entretien, et l'historique des révisions de distribution.

Une inspection spécialisée reste fortement recommandée — c'est d'ailleurs le principe même de la méthode de vérification Auto Acquisitions, appliquée à chaque véhicule avant recommandation.

L'embrayage et la boîte de vitesses

L'embrayage s'use vite sur ce modèle : certaines sources évoquent 10 000 à 15 000 km selon l'usage, d'autres jusqu'à 40 000 km sur un usage plus doux. Les synchros, en particulier au 2e rapport, sont également un point connu. Une boîte bruyante peut signaler des pignons de transfert usés — une réparation coûteuse.

La qualité de construction des tout premiers exemplaires

Les millésimes 1989-1991 ont souffert de critiques sur la finition (plastiques collants, ajustements imparfaits) et sur la tenue de route, avant que Ferrari ne révise les trains roulants entre juillet et décembre 1991. Les exemplaires postérieurs à cette mise à jour sont généralement considérés comme plus aboutis.

Une voiture de collection ou un actif patrimonial ?

Vendue neuve 659 000 F (environ 154 000 € actuels) en 1989, la 348 première série s'échange aujourd'hui, selon les annonces observées, entre 60 000 € et 95 000 € sur le marché européen pour les TB/TS standards, les versions Spider plus recherchées grimpant vers 90 000-130 000 €. La tendance est haussière depuis plusieurs années, avec une stabilisation récente à ces niveaux.

Cette progression attire naturellement l'attention. Pour autant, acheter une automobile uniquement parce que sa cote a progressé reste une approche risquée. La qualité d'une acquisition ne se mesure pas uniquement à l'évolution d'un prix. Elle dépend également :

  • de la qualité de l'exemplaire ;
  • de la cohérence du dossier ;
  • de la désirabilité de la configuration ;
  • de la facilité de revente future.

Comme pour l'Audi RS6 Avant GT, bien plus récente mais suivant la même logique, la cote ne dit jamais tout de la qualité d'un exemplaire donné.

Mon avis sur ce modèle

La 348 a longtemps été le mouton noir de Ferrari — Luca di Montezemolo lui-même aurait qualifié la 348, en interne, de mauvaise réussite de la marque. Mais avec le recul, elle se réhabilite : c'est aujourd'hui l'un des accès les plus abordables à un V8 Ferrari mécaniquement pur, sans assistance électronique.

Bien choisie, avec un historique documenté, elle reste une acquisition cohérente. Mal choisie, elle peut rapidement rappeler pourquoi elle a eu mauvaise réputation.

Conclusion

Comme souvent dans l'automobile de prestige, le véritable enjeu n'est pas seulement de choisir le bon modèle. Il s'agit avant tout de choisir le bon exemplaire.

La passion permet de choisir une Ferrari 348. La méthode permet de choisir la bonne Ferrari 348.

Vous envisagez l'acquisition d'une Ferrari 348 ou d'un autre véhicule de prestige ?

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